Vue d’ensemble des statistiques de la zone euro. Courtes explications à propos des statistiques ; faciles à partager

16 avril 2020

Les taux de croissance des prêts au logement sont en constante augmentation dans la zone euro

Les ménages de la zone euro continuent d’emprunter davantage pour l’achat de logements. L’encours total de fonds empruntés auprès des banques par les ménages de la zone euro pour l’achat de logements s’élevait à 4 600 milliards d’euros en février 2020, soit un montant équivalent à environ 40 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro.

Alors que les taux d’intérêt bancaires des prêts au logement ont diminué partout dans la zone euro, les pratiques nationales concernant l’application de taux fixes ou variables aux prêts accordés aux ménages varient d’un pays à l’autre. En février 2020, environ 98 % des nouveaux prêts consentis aux ménages finlandais étaient assortis de taux variables, contre moins de 2 % et 1,5 % dans le cas des ménages français et slovaques.

Le taux de croissance annuel des prêts consentis aux ménages a évolué positivement ces cinq dernières années, pour s’établir à 3,8 % en février 2020 (cf. graphique 1).

Graphique 1 : Taux de croissance annuel des prêts aux ménages (en pourcentage)

Notes : zone euro, séries corrigées. Les prêts au logement représentent environ 74 % du total des prêts en données corrigées (71 % au minimum, 76 % au maximum).

La demande croissante de prêts émanant des ménages a été soutenue par le bas niveau des taux d’intérêt (cf. graphique 2). Dans la zone euro, les taux d’intérêt moyens appliqués aux nouveaux prêts au logement ont diminué d’environ 3,6 % en février 2010 à 1,41 % en février 2020. Un examen plus attentif des données par pays révèle toutefois une grande diversité dans les niveaux des taux d’intérêt au sein de la zone euro, qui, en février 2020, allaient de 0,77 % en Finlande à près de 2,88 % en Irlande. Ces disparités peuvent refléter des différences dans les structures financières nationales, dans les préférences des ménages (du côté de la demande) et dans les facteurs d’offre.

Vous pouvez consulter le graphique 2 pour comparer les taux moyens appliqués parmi les pays de la zone euro.

Graphique 2 : Taux d’intérêt bancaires appliqués aux nouveaux prêts au logement (toutes échéances confondues) (en pourcentage annuel)

Les différences de niveau des taux d’intérêt appliqués d’un pays de la zone euro à l’autre peuvent notamment s’expliquer par des pratiques nationales divergentes en ce qui concerne les taux fixes et variables (cf. graphique 3). Dans la zone euro, la part des prêts au logement assortis de taux variables s’élevait à approximativement 15 % en moyenne en février 2020, cette part allant de respectivement 1,5 % et 2 % en Slovaquie et en France à une proportion comprise entre 94 % et 98 % en Finlande, en Lituanie et en Lettonie.

La part des prêts au logement à taux variable dans le total des prêts consentis constitue un bon indicateur de la manière dont l’évolution des niveaux des taux d’intérêt peut avoir une incidence sur les ménages. Dans le cas des prêts à taux variables, les variations des taux d’intérêt directeurs sont directement répercutées sur les obligations de remboursement des ménages. À l’inverse, les contrats assortis de taux fixes sur une période donnée constituent une sorte d’assurance contre d’éventuelles hausses futures des taux d'intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (BCE).

Graphique 3 : Part des prêts à taux variables par pays (en pourcentage)

Les taux d’intérêt bancaires figurent parmi les indicateurs permettant d’évaluer l’incidence de la politique monétaire sur l’économie. Ils sont une source d’informations précieuse pour l’analyse et l’évaluation du mécanisme de transmission de la politique monétaire ainsi que du niveau et de la rapidité de la transmission des taux d’intérêt directeurs, via les taux de marché, aux taux des dépôts et des prêts bancaires proposés aux ménages et aux entreprises.

Les statistiques relatives aux taux d’intérêt bancaires peuvent être employées pour étudier à la fois les évolutions de taux et les volumes d’activité associés. La combinaison des niveaux des taux d’intérêt et des volumes de prêt et d’emprunt éclaire les évolutions à l’œuvre dans le système bancaire et financier.

Les statistiques relatives aux taux d’intérêt bancaires ont trait aux taux fixés entre les banques et leurs clients sur les contrats de prêt et de dépôt. S’agissant des prêts, ces taux traduisent le montant prélevé par une banque à un emprunteur, qui peut varier selon différents facteurs, tels que le montant et la durée du prêt, la garantie apportée, la solvabilité et le secteur d’activité de l’emprunteur, l’objet du prêt et les niveaux de concurrence au sein du secteur de la banque de détail. Les statistiques de taux d’intérêt bancaires sont calculées sur les nouveaux contrats et sur les encours existants, puis converties en un taux annuel et présentées en pourcentages annuels.

Elles respectent les mêmes concepts, la même méthodologie et les mêmes méthodes de calcul dans les dix-neuf pays de la zone euro et sont donc largement comparables entre les pays.  

Prêts
Conformément aux normes internationales (cf. le Système européen des comptes – SEC 2010), le règlement BCE/2013/33 concernant le bilan du secteur des institutions financières monétaires (IFM) définit les prêts comme des « [a]voirs en actifs financiers créés lorsque des créanciers prêtent à des emprunteurs des fonds qui ne sont pas matérialisés par des titres ou qui sont matérialisés par des titres non négociables ». Il y a non-négociabilité lorsque la propriété d’une créance financière ne peut pas être facilement transférée. Les prêts comprennent également les actifs que constituent les dépôts placés par les agents déclarants.

Dans les statistiques de bilan des IFM, les prêts accordés aux ménages peuvent être ventilés par objet, tel que prêts à la consommation (p. ex. crédits automobile), prêts au logement et autres prêts (p. ex. prêts étudiant).

Dans ces statistiques, les « prêts au logement » correspondent aux prêts consentis à des fins d’investissement dans des logements à usage personnel ou locatif, y compris la construction et la rénovation, ou pour l’achat de terrains. Les prêts entrant dans cette catégorie sont les prêts au logement garantis par un bien immobilier résidentiel et les autres prêts au logement contractés à titre personnel ou garantis par d’autres actifs. Dans cette catégorie sont également inclus (sans qu’une distinction ne soit faite) les prêts au logement consentis aux entrepreneurs individuels et sociétés de personnes dépourvus de statut juridique si le logement est principalement utilisé à des fins personnelles.

La BCE utilise la série corrigée relative au total des prêts aux ménages en tant que série globale concernant les évolutions du crédit, car elle offre un meilleur aperçu de l’activité de prêt des IFM de la zone euro à l’économie réelle. Cette série corrigée inclut une correction des cessions et titrisations des prêts retirés des bilans des IFM ainsi que de l’incidence des positions notionnelles de centralisation de trésorerie résultant des services de gestion de trésorerie fournis par certaines banques à de grands groupes.

De plus amples informations concernant l’enregistrement des prêts dans les statistiques de bilan des IFM peuvent être consultées dans le manuel relatif aux statistiques de bilan des IFM (disponible en anglais uniquement), en particulier à la section 4.3 consacrée aux prêts en données corrigées.

On entend par nouveau contrat tout nouvel accord conclu entre un ménage et une banque. Un nouvel accord comprend l’ensemble des contrats financiers dont les conditions spécifient pour la première fois le taux d’intérêt du prêt ainsi que toutes les renégociations de prêts existants. Les prolongations de contrats de prêts existants effectuées automatiquement, c’est-à-dire sans intervention du ménage, et qui n’impliquent aucune renégociation des conditions du contrat, y compris du taux d’intérêt, ne sont pas considérées comme constituant de nouveaux contrats.

On entend par encours existants l’ensemble de tous les prêts accordés aux ménages par les banques.

Un taux d’intérêt fixe est défini pour une période donnée, qui peut correspondre à toute la durée du prêt. Un taux fixe implique que les mensualités à verser ne varient pas, quelles que soient les conditions économiques sur le marché. Si les taux d’intérêt augmentent, les mensualités à payer restent les mêmes. S’ils baissent, l’emprunteur n’en tire aucun avantage.

Un taux d’intérêt variable « flotte » autour d’une référence telle qu’un taux du marché monétaire (p. ex. le taux interbancaire 12 mois offert pour les dépôts en euros).
Dans les statistiques de la BCE, la « période de fixation initiale du taux » est un terme statistique appliqué aux taux débiteurs des nouveaux contrats et est définie comme une période prédéterminée, en début de contrat, pendant laquelle le taux d’intérêt ne variera pas (p. ex. trois mois ou un an). Avec un taux variable, les remboursements réguliers peuvent, à l’issue de la période de fixation initiale, fluctuer en fonction de l’évolution générale des taux d’intérêt. En contractant un prêt hypothécaire à taux variable, vous pourrez bénéficier d’une diminution future des taux d’intérêt entraînant une réduction de vos remboursements réguliers, mais vous pourrez aussi être confronté à une hausse du taux et, par conséquent, à une augmentation de vos mensualités.

Dans les statistiques de bilan de la BCE, les taux de croissance sont calculés sur la base des transactions et non en comparant simplement les encours existants de fin de période. Si l’on exclut les changements non liés à des transactions, ces taux de croissance devraient représenter les évolutions des encours existants résultant uniquement de transactions. Pour plus d’informations sur le calcul des indices des encours notionnels et des taux de croissance, cf. la section 7.3 du manuel relatif aux statistiques de bilan des IFM.